Chris Keulemans: Une logique d’utilisation des civils syriens comme pions et menue monnaie d’échange – Comment la population syrienne a été dépouillée de ses possessions et de ses espaces de vie

Le blog d’août 2017:« Les commanditaires étrangers ne se contentent pas d’éliminer les mécanismes de la paix », écrivait Max Fisher dans le New York Times du 26 août 2016. « Ils introduisent des mécanismes d’auto-renforcement qui ont pour effet d’accentuer toujours plus une situation sans issue. Chaque fois qu’une des parties engagées perd du terrain, ses soutiens étrangers augmentent leur participation en fournissant des matériels divers ou un soutien aérien afin d’éviter une défaite au joueur sur lequel ils ont misé de façon préférentielle. Il s’ensuit alors que la partie en question recommence à marquer des points, ce qui tend à inciter les soutiens étrangers de la partie adverse à relever à leur tour le défi qui se pose à eux. Chaque escalade est un peu plus marquée que la précédente, d’où une accélération des tueries sans pour autant que les équilibres fondamentaux de la guerre ne s’en trouvent changés. L’histoire du conflit syrien tient tout entier pratiquement depuis son origine dans ce schéma particulier. Fin 2012, alors que l’armée régulière syrienne avait subi des défaites, l’Iran est intervenu en se substituant au régime syrien. Début 2013, les forces gouvernementales ont repris l’offensive, ce qui a aussitôt amené les riches états du Golfe à apporter un soutien aux rebelles. Plusieurs épisodes plus tard, les États-Unis et la Russie ont à leur tour rejoint la mêlée. »