Les sculptures en porcelaine blanche de Kim Simonsson captivent le spectateur avec leur expressivité et leur mysticité. Avec un matériau classique, Simonsson crée des sculptures modernes et originales inspirées par la culture populaire occidentale et asiatique. Certains sont interpellés par l’esthétique de ses œuvres, tandis que d’autres ont même un peu peur du regard clair des sujets sculptés.
Quand les sculptures ont été exposées au centre d’art Retretti en Finlande, un enfant a expliqué dans une interview diffusée à la radio que les sculptures de Simonsson étaient comme des amis et qu’il aurait bien aimé rester chez eux pour la nuit. L’artiste lui-même constate que les gens soit aiment son art, soit ils ne l’aiment pas.
Les sculptures de Simonsson seront exposées à la biennale internationale du design à Liège en octobre et en novembre. L’exposition aura lieu au Musée des arts décoratifs, à l’Hôtel d’Ansembourg, un musée qui date du 18ème siècle. Pour l’occasion, Simonsson créera deux nouvelles pièces.
- Le lieu d’exposition à Liège me convient à merveille. Son esthétique de vieux papiers peints et de lampadaires en cristal accompagnent bien mes sculptures. Elles ne sont pas toujours mises en valeur dans des lieux d’exposition blancs et froids. De même pour les photos que j’ai faites de mes sculptures. J’essaie toujours de les montrer dans le lieu le plus intéressant possible. Il devient ainsi plus facile d’apprécier la vraie taille des pièces.
Kim Simonsson participe à l’ouverture de l’exposition à Liège. Son œuvre a déjà été exposée en Belgique, à Tour et Taxi, il y a deux ans.
Quand Simonsson a commencé ses études à la Haute école d’art et de design d’Helsinki, son mode d’expression principal était la peinture. C’est seulement par hasard qu’il s’est intéressé à la céramique et a remarqué que la sculpture lui convenait mieux que la peinture. L’artiste aime l’expression en trois dimensions. La porcelaine n’est pas un matériau fort populaire auprès des jeunes artistes, les sculptures en porcelaine sont souvent liées au kitsch et au romantisme. Simonsson utilise la porcelaine d’une façon inattendue et novatrice, ce qui surprend le spectateur guidé par ses attentes conventionnelles.
Simonsson habite une résidence d’artistes, Villa Snäcklund à Tammisaari, une petite ville au sud de la Finlande. Il occupe un appartement pour trois ans, payé avec une bourse de la fondation d’art, Pro Artibus. Simonsson travaille à Tammisaari et à Helsinki. Son atelier se trouve dans un bâtiment industriel d’Arabia, l’entreprise finlandaise renommée de vaisselle et de céramique de haute qualité.
- Avant, je travaillais sept jours par semaine, mais maintenant, j’essaie de me limiter aux heures de bureau et à une semaine de travail de cinq jours. J’ai besoin de temps pour faire autre chose. Un artiste ne se repose quasiment jamais, il pense sans cesse à son art. J’ai tout le temps de nouvelles idées pour de nouveaux projets. Toutes les idées ne sont pas forcément bonnes, donc je les laisse maturer quelque temps. Si l’idée me paraît encore bonne après un mois, je peux la réaliser.
Les sculptures sont faites dans des moules en plâtre et sont cuites trois fois. Après les trois passages au four, elles sont encore vernies au four. Bien que ses statues d’animaux ont l’air naturelles, Simonsson ne copie pas l’aspect physique des animaux tel quel.
- Mes statues sont exagérées, je n’essaie pas de reconstituer de vrais animaux. Il n’y a pas de sens à essayer d’entrer en compétition avec la nature, elle réussira immanquablement mieux que moi. Il vaut mieux utiliser son sens de l’imagination que de simplement copier.
Pour l’instant, Simonsson est en train de réaliser une œuvre permanente pour Turku, la capitale culturelle européenne en 2011. De plus, il est en ce moment exposé à Taiwan. Simonsson pense constamment à de futurs projets.
- C’est bien sûr excitant de voir le résultat final d’un projet artistique, mais à peine cette étape franchie que je commence déjà à penser au prochain projet. J’aimerais essayer quelque chose de différent, j’ai commencé à m’intéresser au moulage en bronze. J’ai réalisé une statue en bronze pour la ville de Kotka, mais c’est un travail de longue haleine que d’apprendre manipuler un nouveau matériau.
Une interview par Mariann Hilli.
La Biennale internationale du design de Liège
La Biennale internationale du design de Liège constitue un événement majeur en Belgique, dans l’Euregio Meuse-Rhin et au-delà des frontières. Elle se distingue par quatre caractéristiques importantes.
D’emblée, la Biennale liégeoise s’est résolument voulue ouverte à la jeune création et multidisciplinaire. Ici, le design passe aussi par les arts plastiques, l’architecture, la mode, voire la musique ou la gastronomie… Chaque édition de la Biennale se décline selon un thème majeur, ce qui permet des confrontations intéressantes selon les approches et les techniques : « le mobile et le modulable », « les couleurs », « la personnalité et l’œuvre de G. Serrurier-Bovy »… Les multiples manifestations qui la composent dynamisent toute une ville et une région dans leurs diversités.
A l’occasion de sa cinquième édition qui se déroulera du 1er octobre au 24 octobre 2010, la Biennale internationale du design de Liège met à l’honneur la Nature dans tous ses états. On y parle de flore, de faune et des milieux mais aussi d’organique, de biomorphisme, de zoomorphisme ou encore de biomimétisme et d’écologie. Le tout décliné en modes divers et complémentaires.
La Biennale internationale du design de Liège, événement-phare de la rentrée 2010, s’inscrit dans la saison culturelle « Passages – Croiser les imaginaires » et dans le cadre de Liège Métropole Culturelle 2010.
Kim Simonsson: A Parallel Reality
1.10.-7.11.2010
Musée d’Ansembourg, Féronstrée 114, 4000 Liège
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La Biennale internationale du design de Liège
Image: Kim Simonsson
